Zakari BABEL
Passionné depuis toujours par la photographie, Zakari BABEL veut très jeune en faire son métier. Après un diplôme obtenu au studio Photoprestige, il s'installe à Paris et soutient une maîtrise en communication visuelle. Vivant aujourd'hui de la photographie, il a installé son studio à Toulouse où il vit et travaille.

 

Son travail subit l'influence de ses diverses expériences de la vie. Et en premier lieu la détresse humaine qu'il croise, encore étudiant, dans une maison de retraite où il s'occupe de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. La déchéance des corps, la perte de repères, le délitement du lien social marquent le jeune homme, qui réalise alors une série de clichés et une exposition autour des pensionnaires qu'il côtoie. Cette thématique se retrouve également dans une série où une peinture opaque dégouline sur des modèles. Les traits du visage se deviennent à travers cette matière épaisse, mais sont-ce toujours les mêmes personnes ? Comme le temps nous mutile, la peinture défigure les sujets.
Par extension, la relation de l'individu à son corps/enveloppe marque les réflexions de Zakari BABEL. Corps tatoués, empaquetés, cachés ou au contraire dévoilés, les mises en scène de l'artiste racontent autant d'histoires qui nous ramènent à notre propre rapport au corps.

Zakari BABEL est un artiste qui assume une part de risque dans son travail, une mise en danger. Il aime provoquer, faire grincer ou faire rire, inspirer le rejet ou la séduction, mais toujours dans le but de nous questionner sur une thématique actuelle : la place de l'Autre, de la différence au sein du groupe social. Il aime flirter avec les limites du bon goût, de la convention, de l'insolence. Mais le malaise est vite levé soit par l'humour, soit par l'esthétique de l'image. Cette dualité de l'image entretient une relation riche entre la photographie et le spectateur, qui dès lors entre dans un dialogue permanent avec l'œuvre.