CHRISTIAN BRUNEAU
 
S'inscrivant dans une démarche URBEX, la photographie participe, pour Christian BRUNEAU, d'une démarche artistique plus vaste.

Plongé dans le milieu de la photographie dès sa prime jeunesse, Christian BRUNEAU s'intéressait déjà aux arts visuels. Ce n'est que vers l'âge de trente-cinq ans qu'il décide de se lancer dans l'aventure photographique et s'adonne avec passion à la photographie animalière. Ses premiers clichés seront couronnés par de nombreuses publications dans la presse spécialisée. Aujourd'hui, Christian a le souhait de nous faire découvrir ses silencieux trésors, nous ouvrant les portes de son jardin secret.

Artiste parisien, Christian BRUNEAU appartient à un courant dénommé " URBEX ", synthèse de l'anglais Urban Exploration. Bien avant de devenir un fait artistique, il s'agissait de pénétrer sans effraction dans des lieux construits par l'homme, abandonnés généralement. Manière, pour certain de se réapproprier un territoire, une histoire.

Christian BRUNEAU nous livre donc une série de clichés insolites, où sa seule intervention repose sur le choix du cadrage, le jeu des couleurs et de la lumière. Aucune intervention sur les décors dans lequel il pénètre, et qu'il photographie à la manière d'un portrait. Des banquettes sans âge, des murs rongés par le temps, des intérieurs ployant sous le poids du passé, semblent en effet emprunt d'une poésie mélancolique qui leur confère presque une identité.

Le travail de Christian BRUNEAU porte donc à réfléchir sur la vacuité des choses, leur déchéance inéluctable. C'est finalement une métaphore de la société, matérialiste et consumériste, qui produit des objets voués à disparaître. Pourtant, c'est sans regard critique que Christian BRUNEAU photographie les lieux abandonnés qu'il visite. Au contraire, il met en valeur la poésie de la disparition et de l'oubli. Son sens esthétique de la composition et de la lumière révèle même une fascination pour ces lieux où la vie a été remplacée par les souvenirs. Christian BRUNEAU dresse des portraits plein d'émotion de ces intérieurs délaissés, arrêtant le court du temps pour faire oublier, le temps d'un instant, qu'ils sont appelé à disparaître.