Ludovic MERCHER
Originaire de Roubaix, Ludovic MERCHER aborde la peinture de façon empirique. A peine a-t-il pris quelques cours de peinture pour se familiariser aux différents matériaux. Il préfère dicter lui-même la direction de ses recherches picturales, quitte à les remettre en cause.

Les premiers coups de pinceau de Ludovic MERCHER sur une toile avaient pour finalité des représentations hyperréalistes et des natures mortes. Il s'essayait alors à différentes techniques, le crayon et la peinture à l'huile ayant toutefois sa prédilection. Vient ensuite un long travail d'épure qui le conduit à réduire sa palette et à se concentrer sur des ébauches de paysages. Il finit également par choisir la peinture acrylique, qui lui offre plus de liberté.

Le travail de Ludovic MERCHER tente de définir les rapports entre l'Homme et l'Espace. La construction d'une toile débute par l'esquisse d'un paysage qui tend vers l'abstraction. L'artiste laisse les accidents de la peinture perturber cet arrière-plan. Il vient ensuite plaquer des éléments géométriques, qui symbolisent l'intervention humaine, la présence du « maîtrisé » au sein de l'incontrôlable. Aux courbes du paysage répondent les droites strictes des carrés et des rectangles. Lorsque des obliques viennent perturber le paysage, un sentiment de mouvement et d'instabilité habite la toile, créant un choc supplémentaire.

On comprendra que Ludovic MERCHER s'intéresse particulièrement aux espaces urbains, où la cohabitation entre l'Homme et la Nature est une négociation permanente. Il s'imprègne beaucoup de la culture nippone et de l'architecture contemporaine, qui amènent toutes deux des réflexions sur le sujet. Apportant sa pierre à cet édifice intellectuel, Ludovic MERCHER ouvre autant qu'il enferme l'espace de sa toile, s'inscrivant dans ce courant de pensée qui refuse de distinguer l'Homme de son espace vital.